jeudi 11 septembre 2008

Vanitas vanitatum. Et omnia vanitas sub sole





Et tout le tutti quanti. Je plonge inéluctablement dans cette masse familière mais néanmoins inconnue qu'est le TRAVAIL. C'est se lever après 5heures de sommeil et devoir tenir le coup sur 7heures de chaise, 45minutes d'arrêt en tout, on souffle et on repart. J'en ai un peu assez de ma semi-prose des dernières années, si j'écrivais un peu, pour de vrai, maintenant ? Elle est grande la Zoé, il faudrait bien qu'un jour elle se mette peut-être davantage à être vraiment digne de ce qu'elle revendique, une fois n'est pas coutume. Pourtant écrire, écrire, c'est ce qu'on fait tous, tous les jours. Mais à vrai dire est-ce qu'on écrit vraiment pour autant ? C'est quelque chose que je n'ai jamais réussi à fixer. Car dans chaque potentiel modèle, il y a à redire. L'écriture serait-elle donc si imparfaite ? Je n'ai aucune prétention à ce sujet. Comme beaucoup je faute. Mais où est-ce que je vais comme ça ? C'est bien la grande question qu'on se pose. Où va-t-on ? Les gens viennent, ils vont, ils trottent, dirait Montaigne. Est-ce que c'est un signe d'immaturité, que de ne savoir ni où on va, ni par quel moyen s'y rendre ? Me remettre en cause, c'est mon activité phare chaque jour que Spoutnik fait. Tant et si bien qu'à la fin, il ne reste rien, tant il me semble impossible de statuer sur quoi que ce soit. Terrible ce flottement, ni oui, ni non ; à mi-chemin entre l'ignorance, le désir peut-être ne pas vouloir être fixée par peur de la vérité.
Platon dit que la dissension qui pousse à la haine et la colère vient du fait que l'on a plus confiance en la vérité, et que parce que l'on use par conséquent de sa propre vérité, subjectivité en réalité, nous tendons au conflit, mais ça c'est un autre débat. Le conflit d'ailleurs, il me répugne, me tétanise, me terrifie. A tel point que quand l'ombre d'une dispute surgit, je me rétracte et courbe l'échine, allez quoi, ça passera mieux sans répliques.
Et là, tout de suite qu'est-ce que je fais ? Qu'est-ce qui me pousse à bafouer mes propres règles d'écriture, au point de sortir un pavé, illisible pour celui qui s'est habitué à moi. Je suis pire qu'incertaine à propos de tout et tout ce que j'arrive à en dire c'est "je ne sais pas" faute d'avoir les mots. C'est quand même ironique, d'écrire, penser, parler pour ne finalement qu'exprimer du vent. Car qu'est-ce que j'ai pu dire de mémorable depuis mon premier mot ("Bové" il paraît) ? Quelle formidable idée ai-je pu transcrire de l'esprit à la parole ? Qu'est-ce que j'ai pu inventer de brillant ? Qu'ai-je finalement dit qui valait la peine d'être écouté ? Hé bien rien, mes amis, rien de rien. Je suis sans doute la plus pitoyable des vermisselles, la plus parasite, qui s'imprègne à chaque instant de ce qui l'entoure sans jamais le rendre. Egoiste en plus ? Quelle vanité, et quel comble d'être unique sans pour autant parvenir à se démembrer des moindres particules d'être humain sur terre. Ce n'est même pas de la réflexion, des divagations tout justes bonnes à sortir, pour simplement sortir de LA. Et je ne suis pourtant pas folle. Je ne suis pas bizarre ni exceptionnelle, juste terriblement enfermée dans mon propre carcan qui m'empêche de penser intelligiblement.
Et puis c'est ridicule tout ça, écrire pour écrire, importuner les autres sur mes questionnements, en quoi je crois, et finalement quel est mon but dans la vie. Mais ne vaut-il mieux pas parfois ne pas en avoir, et se contenter de vivre à propos, comme disait encore Montaigne ? C'est là notre plus grand chef-d'oeuvre et notre plus glorieuse application. M'appliquer à vivre donc, sans jamais rien statuer car tout défile et change, invariablement. Quelle note tragique, de ne pouvoir finalement pas reculer par désir de ne pas régresser, et de ne pouvoir parallèlement aller de l'avant par manque d'expérience. Car s'il y a une chose à laquelle je crois, c'est bien l'essai, le brouillon, la tentative, l'expérimentation. Ce n'est ni l'échec et encore moins la réussite qui m'attire, juste d'essayer inlassablement, pour finalement savoir non pas qui je suis mais qui j'ai été.



Carpe diem.
Paradoxal, non ?

Pour me faire pardonner de tout ce blabla sans valeur, j'ajoute une petite note "ludique" à cet énième essai. Je ne sais finalement pas du tout écrire.

Vanité des vanités. Tout est vanité sous le soleil.


Découvrez The Red Army Choir!

Aucun commentaire: