
On pourrait faire comme dans Twilight,
et dans ce cas, cet article commencerait
comme ça :
"ANGOISSE" (ou un truc en "tion", apparemment
c'est comme ça que ça se passe, chez S. Meyer)
Sérieusement, j'ai pas envie de me lancer
dans la parodie, mais comme toujours,
impossible de dire le moindre truc,
même si ça devait être
"t'es qu'un vieux tas de merde qui flotte",
sans avoir le sourire et l'air gentil.
Je suis une affreuse fausse gentille,
capable de penser des choses méchantes,
mais pas foutue de faire quoi que ce soit
d'autre que de les garder pour moi.
Une vraie trouillarde, au fond.
Et même que c'est terrible,
de jamais arriver à s'énerver.
Ca force l'admiration, que je sois si calme
généralement. Moi ça m'exaspère.
Tout le temps je m'imagine des situations
où je pourrais enfin me mettre à hurler comme
un putois, forçément des trucs hyper bien placés,
même si ça arrive jamais quand on le dit pour de vrai.
Parfois, quand on s'imagine la même scène deux fois
de suite, on peaufine le dialogue, et on se rend
compte que ce qu'on trouvait trop génial
comme répartie, ben ça aurait eu sa place
dans un bon vieux nanar, ou dans Les Feux de L'Amour.
Tout ça pour dire que mes bons vieux airs
de Madame Sourire, ça me court sur le haricot,
ou plutôt, soyons honnêtes, ça me fait chier.
Foutrement chier de pas savoir dire quand
ça va pas, et pourquoi. Rien que
de pas m'en rendre compte me rend dingue.
Je suis même pas capable de reconnaître
quand quelque chose m'angoisse.
Ca me ronge de l'intérieur,
et je veux tellement paraître "bien"
que finalement, personne
s'en rend seulement compte, pas même moi.
Alors bien sûr, je ne demande à personne
de me scruter, ça serait horrible.
En plus, dès qu'on voit que je vais pas
bien et qu'on me le fait remarquer
je fond en larme, comme si j'étais démasquée.
C'est plutôt violent, comme imposture,
mine de rien.
Alors je sais que je me plains, que ça doit
être super emmerdant de lire quelqun
qui se plaint parce que d'abord, c'est
égoiste, d'étaler son malheur, comme
s'il y en avait pas assez autours de nous,
et puis même, ça se fait pas.
Mais les conventions, qu'on me pardonne si je
suis vulgaire, j'en ai rien à foutre.
Je suis en colère contre moi-même,
contre ce truc absurde qui fait
que je peux ressentir de la haine,
de la peur, de la peine, mais
pas les exprimer. Je garde tout pour moi,
encore fois, comme une éponge, j'absorbe.
Et où est-ce que ça commence ?
Qu'est-ce qui fait qu'à 01h30
du mat alors que je devrais
dormir comme un loir, j'écris
là ce qui me tracasse au plus
profond de moi ? C'est de réaliser
à quel point je suis faible.
Faiiiiiiible, mais faiiiiiiible.
Comme un agneau.
Et surtout, que tout ne tourne
finalement qu'autour d'une seule
et unique chose. Que ma vie est
conditionnée selon une présence,
ou au contraire son absence et
le manque occasionné. Sans elle
je suis d'un coup comme
dépourvue de tout, démunie,
livrée à tout ce qui pourrait
me faire du mal.
Et il y a tant de menaces qui planent,
même quand cette présence est là.
Tant de choses qui me font redouter
encore plus une nouvelle fois sa perte.
Et bien voilà par exemple, ce que
je suis pas foutue un seul instant,
d'exprimer CLAIREMENT, pas par énigmes,
par non-dits ou demi-mots.
Parce que quand cette présence est là,
malgré les peurs, je peux pas m'empêcher,
au fond de moi, de voir le bon côté des choses :
elle est là, avec moi, et j'oublie tout,
je suis heureuse malgré la peur.
OUI MAIS ! C'est justement quand elle n'est
pas là, que j'ai peur, pas quand je suis
au milieu de deux bras qui me serrent fort,
d'une bouche qui m'embrasse, de deux yeux
qui me regardent, et qui me disent que
je suis belle. C'est quand je me retrouve
toute seule, que j'ai soudain peur de le
rester.
Et là, voilà ce qu'il se passe,
à une heure et demie du mat' :
J'ai la trouille.
Brian Jonestown Massacre - Love

1 commentaire:
Non d'une pipe en bois ! Tout se ressemble si profondement, ce sourire, cette peur, ce truc dans le ventre ... Bon, je me calme.
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